DEBAT INSTITUTIONNEL EN WALLONIE ET A BRUXELLES
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MARCOURT PARLE JUSTE (Charles Bricman)

J’ai observé avec beaucoup d’intérêt mais sans rien dire jusqu’ici, les remous provoqués par les déclarations de Jean-Claude Marcourt, le ministre wallon de l’Economie, sur la « déconstruction » de la Communauté française, sur la régionalisation de l’enseignement et sur le lancement d’une réflexion sur le destin de la Wallonie. Croyez-vous qu’on se serait réjoui de cette relance – enfin! – d’un vrai débat d’idées? Que nenni! Demotte tire la gueule à son collègue, Moureaux a des aigreurs d’estomac, l’ayatollah Ecolo Cheron se déclare en colère et au FDF, on commande les sels. Remettre en cause la PUC (Pensée Unique Communautariste), ça ne se fait pas, Jean-Claude…

Eh bien moi, je dis que là-dessus, il a mille fois raison, Marcourt.

C’est un point sur lequel, je l’avoue sans vergogne, j’ai viré de bord. Pas parce que je suis versatile comme la Donna de Verdi mais parce qu’il faut être logique: la Communauté à la belge, en tant que concept, faisait sens tant que l’on pouvait songer, comme Otto Bauer le fit en son temps pour le défunt empire austro-hongrois, à un « fédéralisme personnel », c’est-à-dire non territorial, permettant à des « communautés » de s’organiser et d’exercer leurs compétences au bénéfice de leurs membres, où qu’ils résident en Belgique.

Cette idée a été enterrée sans fleurs ni couronnes au carrefour des années 80 et 90 du siècle dernier. C’est éventuellement regrettable, mais c’est un fait, et les faits sont plus forts, comme chacun sait, qu’un ministre-président. Les Communautés ne sont plus des « communautés » de personnes mais des collectivités territoriales comme les autres. Donc des régions, ou des Länder, ou des Etats fédérés. On n’en a plus besoin et nos « régions » suffisent désormais amplement à la tâche, sauf à considérer qu’il n’y a aucune raison de faire simple quand on peut faire compliqué.

La « nation francophone » qui fut chère à Jean Gol s’en trouve ravalée au statut de mythe suranné qui ne sert plus de référence qu’à ceux dont le curseur est resté calé sur les années 60, quand les « méchants Flamands » marchaient sur Bruxelles, sous la conduite de Wilfried Martens, jeune zazou flamingant et calotin qui terrorisait les bons bourgeois francophones et belgicains dont je faisais partie à l’époque. La Belgique d’aujourd’hui, ce sont deux grandes régions qui ont chacune leur langue officielle et puis deux petites, linguistiquement mixtes ou pluralistes – Bruxelles et les cantons germanophones.

Laissons si vous le voulez bien ces derniers de côté, ce sont des gens paisibles et de bon sens, ils ne nous en voudront pas. Ils sont d’ailleurs exemplaires de loyauté fédérale, ces Germains: ils s’occupent de leurs affaires et pour le reste, s’abstiennent soigneusement de prendre parti pour les uns contre les autres, ou pour les autres contre les uns. C’est pas leurs oignons.

Bruxelles ferait aussi bien de s’en inspirer. C’est cependant plus compliqué, du seul fait de l’existence de ces « communautés » devenues polluantes et toxiques, surtout quand on joue sur les mots et quand on donne à l’une un petit nom qui ne peut que faire rugir l’autre: fédération Wallonie-Bruxelles qui semble préfigurer la Belgique résiduelle et francophone de Papy Mougeot, soit celle de 1830 amputée de la Flandre ingrate que les vilains Flamands auraient « volée », l’oncle Jules (Destrée) dixit.

La Belgique de 1830 est un échec. Celle qu’on lui a substituée à partir de 1970 ne l’est pas moins. Ce que Marcourt propose, je le vois comme un espoir d’entrer enfin dans celle de 2020.

C’est un autre modèle et c’est sa première qualité, les précédents ayant surabondamment fait la preuve de leurs vices si mal cachés. Car c’est un modèle qui part de la base. Marcourt est un ministre wallon. Comme les ministres flamands le font pour les Flamands, il s’intéresse d’abord aux Wallons, quoi de plus normal? Et il y a du grain à moudre car la Wallonie ne va toujours pas bien. C’est sans doute aussi la faute aux amis socialistes de Marcourt, aux manettes depuis si longtemps en Wallonie (avec des complices, faut-il le dire), mais ce n’est pas la question. A trop vouloir désigner les responsables du passé, on néglige de gérer les problèmes du présent qui seront le passé de demain. Laissons donc ça à l’électeur.

Mais qui ne voit que la Wallonie est un problème en soi? Que ce problème a des causes et des caractéristiques qui lui sont propres, spécifiques en tout cas dans le cadre belge? Que, partant, ce problème appelle des remèdes tout aussi spécifiques?

Je m’emporte mais ne devrais pas. Ces questions appartiennent aux Wallons et c’est à eux qu’il revient d’y répondre. Qu’ils ne se laissent surtout pas intimider par les apôtres qui leur prêchent que prendre en mains sa destinée est un repli sur soi, c’est tout le contraire: c’est la guerre des bassins et l’esprit de clocher qui enchante les frileux et va si bien avec la Belgique de bom’pa, résiduelle ou pas.

Et c’est un Bruxellois qui le dit à ses amis wallons.

26.1.12 18:35


MARC BOLLAND S'EXPRIME AUSSI !

Préparer l’avenir wallon ? Jean-Claude MARCOURT a raison !

Ces derniers jours, une polémique vive est apparue, suite aux propos tenus au sujet de l’avenir de la Wallonie par Thierry Bodson, Secrétaire Général de la FGTB, et davantage encore par Jean-Claude Marcourt, Ministre de la Région wallonne et de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Les débats se sont essentiellement orientés vers une discussion institutionnelle autour de l’avenir de la fédération Wallonie-Bruxelles.

Jean-Claude Marcourt me semble avoir dit essentiellement deux choses :

Ces propos ont provoqué des réactions très lyriques et très viriles. L’ampleur et le contenu de ces réactions sont interpellantes et méritent certainement un commentaire.

Les critiques émises sont multiples et il est sans doute bon de les examiner une à une :

1) les régionalistes wallons veulent-ils renier l’accord politique qui a conduit à la formation des majorités en Région wallonne et en Communauté française en 2009 ?

Cet argument est totalement faux. Que du contraire, lors des négociations en 2009, le point institutionnel central des discussions a été l’abandon du concept de Communauté française pour celui de Fédération Wallonie-Bruxelles. Cette position (unanime d’ailleurs entre majorité et opposition) est inscrite à de multiples reprises dans la déclaration de politique régionale wallonne et dans la déclaration de politique communautaire.

LIEN : WALLONIE BRUXELLES : une nouvelle identité ? – 05/04/2010

L’abandon du concept de Communauté française repose sur deux idées : l’affirmation du fait régional, dans une Belgique qui a oscillé très longtemps dans le choix entre un modèle basé sur les Communautés ou un modèle basé sur les Régions ; le maintien d’une structure à vocation de coupole, qui prendra la forme d’une fédération. Jusqu’à présent, cette idée a été concrétisée par un changement de nom et d’appellation : la Communauté française est morte ; la Fédération Wallonie-Bruxelles est née ! Aux yeux des régionalistes, il est évident que si il ne s’agit que d’un ravalement de façade, c’est de la poudre aux yeux. Le concept de Fédération Wallonie-Bruxelles est au cœur des déclarations de politique de 2009 et il doit être mis en œuvre. Cela doit se traduire par deux éléments : un transfert des compétences maximum vers les Régions (essentiellement l’enseignement, la culture, les medias), d’une part, et d’autre part une modernisation du fonctionnement de l’institution (essentiellement une modification dans les allocations de moyens via une transformation de la fonction publique et la transformation du Parlement de la Fédération en une instance de concertation entre entités fédérées sur le type du futur Sénat fédéral belge).

2) préparer l’avenir wallon, est-ce un acte de repli sur soi ?

Si les Wallons ne réfléchissent pas à leur avenir et ne se prennent pas en mains, on dit qu’ils sont inactifs : c’est le syndrome wallon de l’inertie ! Par contre, si les Wallons parlent de leur avenir, on leur reproche une volonté de repli sur eux-mêmes. Il faut savoir ce que l’on veut ! Arrêtons la politique de l’autruche et constatons que nous n’avons pas le choix : il faut activement réfléchir à l’avenir wallon, pas dans 20 ans mais maintenant. Pour des raisons très simples :

  • la crise économique : sur ce plan, les Wallons ont déjà avancé avec notamment le plan Marshall et l’esprit qu’il a développé autour de lui, mais ce n’est pas suffisant. Pour agir efficacement, il faut des cohérences au niveau des compétences, cohérences qui doivent être améliorées notamment dans la question de l’emploi et de l’enseignement. Autre exemple : quand les conditions de crédit aux entreprises wallonnes se durcissent, pensez-vous que les entrepreneurs ne souhaitent pas un outil de financement wallon qui les soutienne davantage, sur le modèle de ce que la KBC a fait pendant des années en Flandre ? Ne pas y réfléchir, est-ce décemment préparer l’avenir ?

LIEN : Un bras financier pour la Wallonie – Echo 25/10/010

La crise économique est lourde et ne permet pas de reporter la réflexion. Rien que pour cela, ne pas réfléchir à notre avenir serait une faute.

  • la révolution copernicienne des accords fédéraux : les négociations fédérales ont accouché d’une révolution copernicienne. Sur le plan du financement des Régions, celles-ci ont 10 ans pour se trouver face à elles-mêmes. 10 ans, c’est très peu. Ne pas réfléchir aujourd’hui à l’avenir de la Région wallonne, ce serait une lourde faute ! Il faut arrêter la méthode « coué » et la politique de l’autruche. Il y a beaucoup à faire. En avant.
  • les échéances politiques de 2012 et surtout de 2014 seront sans pitié pour les francophones. Il est vraisemblable que la volonté flamande d’obtenir davantage d’autonomie ne s’arrêtera pas. Ce n’est pas uniquement par l’action au fédéral que l’on parviendra à maintenir l’unité du pays. Si les autonomistes flamands renforcent leur score en 2014 (élections régionales et fédérales conjuguées), et qu’à ce moment, les Wallons et les Bruxellois ne sont pas prêts dans des compétences régionales fortes, nous nous retrouverons devant un mur et il sera encore plus difficile de le franchir que ce ne fut le cas après les élections fédérales de 2010.

Réfléchir activement à l’avenir wallon est donc une nécessité pour ne pas nous retrouver enfermés demain : la Wallonie a toujours été, culturellement et économiquement, une terre ouverte ; c’est lié à sa position géographique, à son histoire et à son état d’esprit. Son avenir doit être ouvert. Réfléchir à notre avenir activement aujourd’hui, c’est tout le contraire d’une politique de repli sur soi !

En tant que wallon, l’accusation rapide et facile de repli sur soi est d’ailleurs très blessante et est ressentie par les Wallons comme une réponse méprisante, un peu à la manière dont les flamands ont ressenti pendant des décennies l’arrogance des milieux francophones à leur égard.

LIEN : FRANCOPHONIE : la RTBF n’était pas présente à la 35e fête du peuple fouronnais – 19/10/2011

Nos amis bruxellois devraient d’une façon générale, avoir plus de respect pour l’identité wallonne : Bruxelles n’est pas le centre du monde ; les Wallons ont toujours été solidaires des Bruxellois, ceux-ci doivent s’en souvenir et peut être, réfléchir à la manière d’aider la Wallonie aussi. Dans un couple, la relation ne doit pas être à sens unique.

La réflexion sur l’avenir de la Wallonie n’est pas un réflexe identitaire ou nationaliste : c’est une nécessité.

LIEN : Une nation, pour quoi faire ? - 21/07/2010

LIEN : INSTITUTIONS : La Wallonie par choix, et pas par défaut - 24/11/2010

LIEN : Imaginer la Belgique de demain : un exercice difficile, mais indispensable - 23/10/2010

3) selon certains, ce n’est pas le moment de parler d’institutionnel : le débat sur la fédération Wallonie-Bruxelles n’est donc pas opportun !

Ceux qui affirment cela oublient essentiellement trois choses :

  • l’accord de majorité régional et communautaire prévoit cette évolution (cf. ci-dessus) : il faut simplement l’appliquer ;
  • certains parmi les plus virulents sur ce thême sont ceux qui exigent une réforme des provinces par exemple : il s’agit là aussi d’une réforme institutionnelle, et elle est sans doute moins importante pour l’avenir wallon, ou en tout cas, moins urgente c’est une évidence ; en plaidant la chose et son contraire, ceux là font donc preuve d’un art du grand écart digne des meilleurs gymnastes olympiques ;
  • ils oublient aussi l’importance et l’impact des effets des négociations fédérales : il y a une révolution copernicienne institutionnelle en cours, qui sera d’application pour 2014 au plus tard : faut-il faire comme si rien ne s’était passé depuis les accords de 2009, et conserver notre bonne vieille culture du tabou et de la politique de l’autruche ?

4) le lien Wallonie-Bruxelles doit-il être abandonné ?

Personne ne parle de cela ; agiter cet épouvantail, c’est constituer un masque de fumée devant la réalité.

Même si parfois, les Wallons ont le sentiment que le lien est à sens unique, même si parfois les Wallons ressentent dans les propos des Bruxellois à leur égard une réminiscence de la vieille culture francophone belge qui a dominé les peuples wallon et flamand pendant des décennies, ce lien doit être maintenu. Maintenu, oui mais amélioré et aménagé compte tenu de l’évolution des besoins et des contraintes extérieures.

Il est clair que la Wallonie et Bruxelles ont des liens culturels, et que la défense des francophones dans l’Etat belge nécessite une coordination étroite des politiques. Il est évident que des intérêts économiques communs existent. Chacun en est conscient. Evoquer une amélioration de l’efficacité du lien entre la Wallonie et Bruxelles, ce n’est certainement pas prôner l’abandon du lien privilégié entre les deux institutions. Il faut non pas abandonner la fédération, mais la reconstruire, en mettant en œuvre le concept repris dans les déclarations de politique générale adoptées en 2009 par le Parlement wallon et le Parlement de l’ex-Communauté française.

5) quel peut être l’avenir de la Fédération Wallonie-Bruxelles ?

Sur le plan institutionnel, l’avenir de la Fédération Wallonie-Bruxelles est d’être une fédération (ce qui dit très bien ce que cela veut dire), dont les vocations premières sont la coordination des politiques spécifiques menées, et la défense des droits des francophones au sein de l’Etat belge. Les compétences actuellement du ressort de la Fédération doivent être confiées aux Régions (surtout l’enseignement et la culture), et coordonnées entre les deux régions via une structure gouvernementale et parlementaire à vocation de coupole. Les structures doivent être réformées : qui niera la lourdeur excessive dans le travail parlementaire des séances au sein du Parlement de la Fédération actuellement ? Faut-il mobiliser plus de 90 députés une semaine sur deux, avec tout l’appareil administratif qui s’y associe, pour être efficace ? Ces questions sont-elles tabous ? Pourquoi ne pas les aborder en toute lucidité ? La même réflexion doit être menée en ce qui concerne l’affectation des moyens, via une réflexion sur la fonction publique.

La Wallonie doit développer ses atouts géographiques au travers d’une politique d’ouverture internationale active. Nous avons intérêt à travailler de façon coordonnée sur le plan économique avec les Bruxellois, c’est une évidence, mais nous devons aussi travailler pleinement avec les deux moteurs économiques puissants qui sont à nos frontières : la Flandre et l’Allemagne. L’avenir de la Wallonie est à une position institutionnelle à géométrie variable, sur le modèle en cours de développement autour de la métropole lilloise par exemple. La réflexion sur notre avenir n’est pas un repli sur soi.

LIEN : La Wallonie doit se faire respecter – 05/09/2010

6) commentaire

L’avenir n’est pas à la politique de l’autruche. Il n’est pas non plus à la tension entre Communautés ou Régions. Il est à la lucidité et à l’action. Les Wallons ne pourront compter que sur eux-mêmes pour en sortir. Qu’on ne leur reproche pas d’en avoir pris conscience clairement !

Marc BOLLAND
Député wallon

Le 19 janvier 2012

21.1.12 21:04


MARCOURT : "Déconstruisons la Fédération Wallonie-Bruxelles" (La Libre)

       

Jean-Claude Marcourt s’explique sur les réflexions quant à l’avenir de la Wallonie.

Jean-Claude Marcourt (PS), ministre wallon à double casquette, souhaite que 2012 soit mise à profit pour initier une réflexion autonome sur l’avenir de la Wallonie. Pas de révolution mais une évolution, explique-t-il.

On entend parler de réflexions sur l’avenir de la Wallonie. Pouvez-vous expliquer de quoi il s’agit ?

Y a-t-il aujourd’hui une réflexion collective qui se penche sur la question de savoir comment gérer l’avenir de la Wallonie ? La réponse est oui. Cela se fait dans plusieurs cercles, cela ne se fait pas en catimini dans les arrière-salles de cafés. Deux : cette réflexion ne se fonde pas sur un concept institutionnel. L’évolution institutionnelle vient d’ailleurs du pays. La question est de savoir comment améliorer le développement économique de la Wallonie et d’en tirer les conséquences. Cette réflexion traverse tous les milieux socio-économiques dans des groupes informels. Cette dynamique a notamment été initiée par le Contrat d’avenir, le plan Marshall et la commission Zénobe. Il s’agit de réfléchir sur l’avenir de la Wallonie indépendamment des autres, ce qui ne veut pas dire qu’il ne faut pas de relations avec les autres.

Cette réflexion est-elle intense, en particulier au PS, on parle d’un think tank ?

Ça n’est pas une réflexion strictement socialiste. J’ai un cercle auquel des noms sont associés.

On parle d’Anne Poutrain, la directrice de l’IEV, la plus proche collaboratrice d’Elio Di Rupo dans ce cercle.

Anne Poutrain a une vraie réflexion sur la Belgique et joue un rôle prépondérant mais elle n’a pas été associée personnellement.

Et Elio Di Rupo ?

J’ai mon autonomie, ma responsabilité, on connaît mon histoire. Je ne veux pas le mettre en difficulté.

Cette réflexion exclut-elle la Région bruxelloise ?

Je suis ravi que les Bruxellois réfléchissent eux aussi à leur avenir. Je rappelle que la Région bruxelloise n’aurait jamais existé sans le soutien des régionalistes wallons. Sans les régionalistes wallons, il n’y aurait pas eu de refinancement de Bruxelles. A chaque mouvement de l’émergence d’une Région bruxelloise, les Wallons ont été un élément essentiel. Maintenant la Wallonie mérite aussi qu’on s’intéresse à elle. C’est une démarche profondément wallonne. Mais je ne parle pas d’antagonisme. Il faut que chacun réfléchisse de son côté et puis qu’on voit ce qu’on peut articuler ensemble.

Votre modèle est donc ultrarégionaliste. Que devient la Fédération Wallonie-Bruxelles dans tout cela ?

Il n’y aura que trois grandes Régions. Mais certes, on peut réfléchir à quatre entités. La fédération Wallonie-Bruxelles doit être déconstruite puis reconstruite. Déconstruite dans le sens où elle ne correspond plus à rien. L’émergence des Régions est patente, le mouvement bruxellois en est d’ailleurs la plus forte expression. Et il faut la reconstruire, dans une démarche que nous voulons, c’est un mouvement, une évolution.

Les autres partis doivent être associés à cette réflexion, selon vous ?

Je le souhaite mais les rythmes sont différents d’un parti à l’autre. Cependant, la société wallonne ne se résume pas aux partis. Le moteur premier de cette réflexion, c’est le renforcement de l’assise socio-économique de la Wallonie.

Très concrètement, où en est cette réflexion ?

Nous construisons un agenda. Nous avons peu de temps, il faut construire un modèle. Il faut profiter de 2012 pour lancer ces opérations.

Un modèle ?

Un modèle autonome qui soit un principe de bien-être pour permettre un développement collectif.

14.1.12 20:42


QUATRE DEPUTES "MOUSQUETAIRES" POUR UN MOUVEMENT REGIONALISTE WALLON

Des députés créent le «Groupe des convergences wallonnes» pour donner un avenir à la Wallonie…

Un nouveau mouvement wallon, ouvert et pluraliste, va voir le jour à l’ombre du parlement. Quatre députés, un par parti, veulent servir d’aiguillon à un nouveau projet wallon. «La Wallonie a dix ans pour se redresser, il est temps de prendre notre destin en main.» Voilà un extrait de la charte du «Groupe pour les convergences wallonnes» (GCW), qui vient d’être fondé par des parlementaires de premier plan: Christophe Collignon (PS), Jean-Luc Crucke (MR), Dimitri Fourny (cdH) et Bernard Wesphael (Ecolo).

Les quatre mousquetaires du nouveau régionalisme wallon forment un bloc uni et efficace. Ce mercredi, le parlement wallon adoptera leur première résolution commune sur l’utilisation du terme Wallonie au lieu de Région wallonne.

Mais ils comptent aller plus loin avec la création du GCW. «C’est un groupe ouvert aux politiques, aux forces vives, à toute la société civile wallonne, c’est le contraire du repli identitaire», précise Bernard Wesphael. «Nous nous situons dans le sens inéluctable de l’histoire»,      enchaîne Dimitri Fourny. «J’ai assez entendu parler de fatalisme et de mal wallon depuis que je suis jeune. Envisageons positivement notre avenir.»

Leur démarche tranche avec la vieille politique de la main tendue... vers la Flandre. «Le sursaut viendra de la Wallonie. Les Wallons doivent d’abord compter sur eux-mêmes», poursuit Christophe Collignon. «Notre projet est en totale phase avec les nouveaux accords institutionnels, qu’on peut résumer facilement par aide-toi toi-même», poursuit Jean-Luc Crucke, qui se déclare ouvertement «confédéraliste».

Bien sûr, les quatre députés n’ont pas le même avis sur tous les sujets. «Nous ne sommes pas un nouveau parti, mais nous voulons servir d’aiguillon», notent-ils. Mais ils partagent des convictions fortes. «L’avenir se construit sur le fait régional», précise la charte.

LA FEDERATION EN SURSIS

Trois ou quatre régions? Cela dépendra de la volonté des germanophones. «La Wallonie doit avoir la maîtrise de tous les leviers, y compris l’enseignement et la culture», insistent les parlementaires. D’ailleurs, ils estiment que le rôle de la Fédération Wallonie-Bruxelles doit être largement revu et allégé. «Supprimons-la», lance Dimitri Fourny. «Osons aborder ce débat sans tabou», poursuit Christophe Collignon. «Il faut alléger cette institution au profit des régions», nuancent Jean-Luc Crucke et Bernard Wesphael.

Mais le plus important, à leurs yeux, consiste à lancer une réflexion sur un projet pour les Wallons. «Le Plan Marshall, c’est juste économique. Nous devons présenter un projet wallon qui recueille l’adhésion populaire», insiste Christophe Collignon.

Le Groupe tiendra ses premières assises en janvier et d’ici là, les fondateurs tenteront de convaincre un maximum de Wallons. «De nombreux parlementaires sont prêts à nous suivre, mais nous avons besoin du soutien de la société civile», conclut Bernard Wesphael.

Demetrio Scagliola

http://www.lanouvellegazette.be/actualite/belgique/2011-10-26/des-deputes-creent-un-nouveau-mouvement-wallon-912810.shtml

26.10.11 19:30


COMMUNIQUE MMW 13 septembre 2011

Le Comité du Mouvement du Manifeste Wallon (MMW) s’est réuni à Namur ce mardi 13 septembre sous la présidence de Jean LOUVET.

 

I.               Le Comité a suivi avec attention les négociations longues et complexes menées par M. DI RUPO 

 

1)    Il constate que l’on y parle abondamment de la Flandre, de Bruxelles, de la périphérie bruxelloise, de l’arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvoorde, matières hautement honorables ;

 

2)    il s’inquiète de ne voir discuter de l’avenir de la Wallonie et des Wallons qu’épisodiquement ;

 

3)     il rappelle avec force qu’un accord qui se ferait sur le dos de la Wallonie, géographiquement, économiquement, socialement ou politiquement, serait par définition un mauvais accord ;

 

4)    Il répète également ses prises de positions précédentes pour que la Wallonie devienne enfin seule compétente pour sa culture et son enseignement, condition déterminante pour qu’elle puisse s’assigner et mettre en œuvre, dans la durée, un projet de développement global.

 

5)    Il insiste sur le fait que la culture wallonne est intrinsèquement sociale, que ce n’est pas par hasard si ce sont les Wallons, notamment Joseph WAUTERS et Léon-Eli TROCLET, qui ont mis au point la sécurité sociale non seulement en Wallonie mais dans tout le Royaume ;

 

6)     Il réaffirme dès lors son attachement inébranlable au maintien pour tous de la même sécurité sociale ;

 

7)    Il souligne la patience du peuple wallon mais la patience n’est pas la résignation et il s’engage à être au premier rang d’une action de rejet de tout accord nocif pour la Wallonie.

 

 

II.            Quant à l’abandon du poste de M. LETERME 

 

1)    Il ne modifie rien quant à nos positions de fond ;

 

2)    il constitue une nouvelle preuve du mépris de dirigeants flamands pour la Belgique en général (dont il aggrave la situation sur le plan financier international), et pour les négociations en cours en particulier ;

 

3) il nécessite plus que jamais l’union de tous les Wallons pour promouvoir leur avenir et celui de leurs enfants.
15.9.11 20:39


KH LAMBERTZ : "LA BELGIQUE SERA A 4 !" (DH)

Le Ministre-Président de la Communauté germanophone a d'abord analysé la dernière sortie médiatique d'Olivier Maingain : "C'est typique pour un moment de dramatisation, on l'a vécu autour du 21 juillet avec M. De Wever, on le vit maintenant avec M. Maingain, ça fait partie d'une certaine liturgie... il ne faut surtout pas se laisser impressionner si on est autour de la table !".

Le FDF est l'alter ego de la Nva alors ? "Non... j'ai parlé de la méthode uniquement, des mots chocs !".

Karl-Heinz Lambertz a rappelé qu'il espérait voir émerger une Belgique à 4 Régions (Flandre, Bruxelles, Wallonie et Communauté germanophone). Pourtant, hier encore Jean-Claude Marcourt, Vice-Président (PS) du Gouvernement wallon se positionnait (dans Vers l'avenir) pour une Belgique à 3 régions "avec un centre de gravité déplacé vers ces dernières".

Que répond Karl-Heinz Lambertz ? "C'est vrai que Jean-Claude et moi n'avons pas le même point de vue, d'ailleurs je ne suis presque d'accord avec personne puisque les flamands veulent une Belgique à 2 et les francophones une à 3 !". Le Ministre-Président germanophone n'en démord pas : "La Belgique sera à 4 !

C'est inscrit dans l'histoire de la Belgique, la structure institutionnelle va se simplifier, il y aura un seul type d'entités fédérées en fin de course et le vrai problème pour la Belgique à 4, c'est pas la Communauté germanophone c'est vraiment Bruxelles !".

La Belgique a encore un devenir estime Karl Heinz Lambertz, une Belgique qui se redessine avec un centre de gravité qui se déplace effectivement vers les entités fédérées.

Dans ce processus, les communautés seront amenées à ne pas survivre estime-t-il encore. Dès lors, la communauté germanophone doit devenir région. Question notamment de survie. Telle est la conviction du premier germanophone même si la "grand accord" négocié actuellement doit être la priorité.

Un message à adresser ce matin aux négociateurs qui se réunissent autour d'Elio Di Rupo ? "Il faut parvenir à sortir de l'imbroglio actuel et ça c'est un grand défi et j'espère de plein coeur qu'ils réussissent !". Le message du Roi ? "C'est d'abord du bon sens et quand le Roi le dit, c'est encore mieux... Il a tout à fait raison... de mettre tout le monde devant ses responsabilités !".

Enfin, pour mieux enfoncer le cou, aux négociateurs : "Je veux leur souhaiter... le courage pour dépasser les clivages parce que personne n'aura raison à 100% mais il faut un compromis et il est possible d'avoir un compromis avec lequel tout le monde pourra vivre ! Je crois fondamentalement aussi au revival du compromis à la belge... c'est ce à quoi on va arriver cette fois-ci !". Non sans humour, Karl Heinz Lambert conclut : "Il faut, comme pour toute bonne chose qu'il y ait une fin... ! Nous sommes arrivés au moment où il faut décider... dans les prochains jours !".
13.9.11 18:20


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